Structures dialogiques dans le roman roumain du XX-ieme siecle

Le résumé de la thèse

L’actualité du thème. Les mutations produites dans la sphère de la connaissance et dans l’évolution culturelle mènent à une reformulation continue de la structure et de la poétique du roman. Réceptif aux catégories épistémiques de son époque, le roman, adapte ses formes pour participer comme les autres genres littéraires au processus de la connaissance du monde. L’explosion des informations de divers domaines de la science et de la culture, les changements des visions ont conditionnées des métamorphoses complexes dans la physionomie du genre, et, par conséquent, le roman ajoute aux préoccupations originaires des modalités du discours qui n’étaient pas spécifiques jusqu’à ce moment.

La poétique dialogique du Mikhaïl Bakhtine issue de sa théorie dialogique a été capable de générer des principes et des catégories qui décrivent, d’un autre point de vue, la forme romanesque. Selon Bakhtine, la forme comme structure est l’expression conjuguée d’une vision compositionnelle individuelle, d’une approche dynamique, créative et constructive qui a comme but une “unité finalisée et élucidée”. L’esthéticien et le poéticien d’origine russe a été un des premiers qui ont été attentif à la caducité des explications formalistes du roman et sur la nécessité d’orienter son attention sur la valorisation de la “tension émotionnelle, volitive de la forme” qui se trouve hors le matériel, en exprimant une relation valorique entre l’auteur et le lecteur. Le savant russe nomme la discipline qui recherche les formes du roman de ce point de vue au début La Poétique sociologique et puis Dialogisme et Dialogistique. Du point de vue de cette discipline la forme polyfonique et l’orientation sociale (la structure hétérogène, dialogique) du roman moderne (et notamment de celui postmoderne) est plus évidente. Par ce prisme, on peut expliquer, d’un côté la modalité par laquelle le roman du XXIème siècle a assimilé plusieurs genres littéraires (par exemple, le journal, le poème, etc. dans le roman postmoderne) et extralittéraires (comme le traité scientifique, philosophique, religieux etc.), et d’un autre côté on peut suivre la dimension humaine, la relation entre l’auteur et ses personnages, l’influence du contexte et la communication du auteur avec le lecteur.

Dans le XXIème siècle le domaine de la théorie littéraire, parallèlement au changement de l’accent des catégories consacrées par l’étude de la poétique, apparait une série d’études qui ateste un intérêt de plus en plus augmenté pour la forme du roman. Victor Şklovski, Northrop Frye, David Lodge, Marthe Robert, René Girard, Jean Ricardou, Wayne Booth ont émis des hypothèses et ont réalisés des vastes descriptions sur l’évolution du genre notamment sur l’aspect formel, en constituant la catégorie des poétiques descriptives. Dans ce contexte on evidentie un autre paradigme qui promoit l’idée que le monde du roman moderne est le monde de l’homme dialogal, ouvert vers l’autre. Pour Milan Kundera le roman représente un monde qui définit l’homme par une interrogation ontologique continue sur l‘identité de l’être. Selon les hypothèses de l’écrivain tchèque, auteur de L’Art du Roman, la condition sine qua non de la valeur du roman consiste dans sa nouveauté, qui est exprimée et qui est équivalente au pouvoir de mettre l’homme dans une autre lumière. Effectuant une étude sur L’histoire du roman moderne, R.-M. Albères, conclu que celui-ci représente la totalité de l’homme moderne, mais Toma Pavel affirme dans La pensée du roman que chaque roman propose une hypothèse substantielle sur la nature et l’organisation de l’univers humain. Une étude relevante est La naissance du roman par Ian Watt, qui offre des informations qui élucident le développement du genre, en faisant un panorama de l’histoire sociale du roman qui a comme objet d’étude les liaisons d’entre la prose narrative et son ambiance socioculturelle. Ces études sont au croisement, plus au moins, avec l’argumentation du savant russe, et offrent des suggestions importantes et preuves d’existence d’un champ de préoccupations communes qui forment le paradigme dialogique.

Les idées de Bakhtine sur le dialogue, sur le mot (avec le sens d’énoncé ou discours) qui existe juste comme réponse d’un autre mot ont eu une bonne prise dans l’Occident. La poétique du roman a commence à être supposée sur le signe de l’hétérogénéité, du protéisme, de la polyphonie, du dialogisme, de l’intertextualité et du carnavalesque qui ont donné cours a des recherches dédiées à ces aspects. Le fait est doué, en grande partie, aux interprétations de Julie Kristeva, aux qui ont fait référence une logue période, la majorité de bakhtinologues français et américains. A partir du fait qu’au centre de l’image artistique se trouve la personne humaine et ses relations avec ses proches, un groupe de chercheurs ont donne cours à une nouvelle orientation dans la critique dans le but de revaloriser la théorie de Bakhtine, nommée Critique dialogique. En adoptant un principe dialogique, qui signifie “processualité”, “connaissance” et “moralité” dans l’interprétation du processus culturel, en général, et du texte littéraire, en particulier, le critique a la possibilité, selon Todorov, Holquist, Belleau, et autres de réunir la multitudes de significations dans une relation vive avec autre, qui est abordé comme une personne. Actuellement, en Russie, se déroule une ample recherché du point de vue de la perspective dialogique sur le discours et le texte dans le cadre d’une discipline humaniste plus ample – la bakhtinologie. Plehanova, Boguşevici, Vorobieva, Boneţkaia et autres ont élaboré un programme d’analyse textuelle vu comme dialogue entre l’auteur, le personnage, le contexte et l’interprète.

La démarche d’investigation. L’étude est d’abord une synthèse de la littérature théorique du Mikhaïl Bakhtine et de principales notions et concepts du paradigme dialogique. La théorie dialogique contribuera à l’analyse multiaspectuelle des relations esthétiques auteur-narrateur-héros-lecteur qui ont conditionné l’architectonique du roman du XX-ième siècle. Pour réussir une telle finalité, j’ai réalisé une présentation synoptique des préoccupations scientifiques communes par rapport au dialogue, au dialogue de l’existence et la dialogique originaire dans la connaissance humaine des philosophes, des esthéticiens, des linguistes, des herméneutes et anthropologues qui grâce aux leurs contributions ont fait prévue de l’existence d’un paradigme dialogique dans la science humaine du XX-ième siècle. J’ai exposé la théorie dialogique de Mikhaïl Bakhtine et ses performances épistèmo-méthodologique dans la science littéraire et j’ai définit les principes de base du dialogisme dans la science littéraire. Grâce aux concepts relevés j’ai débuté l’identification de certaines structures dialogiques et d’une matrice moi-toi, moi-autre qui constitue la sphère intersubjective dans le roman moderne – poétique, subjectif, raffiné esthétiquement, qui s’efforce à exprimer la totalité et le roman postmoderne – expérimental qui provient de l’étude sémiotique et textologique. Enfin, j’ai formulé les typologies de l’architectonique du roman roumain du XX-ième siècle, en fonction des relations esthétiques auteur-narrateur-héros-lecteur, à partir du roman d’entre-guerres et finalisant avec le roman contemporain, y inclus celui qui est apparu dans l’espace d’entre Prout et Dniestr.

La nouveauté et l’originalité scientifique consiste dans la valorisation par le prisme contemporaine interdisciplinaire des certains concepts qui permettent la description des propriétés dialogiques du langage du roman moderne et postmoderne. La critique dialogique et La Dialogistique à l’aide d’une série de procédés et méthodes spécifiques s’orientent vers l’architectonique romanesque, construites dans la dynamique des relations intersubjectives des participants de l’acte créatif. A partir du fait que la poétique est une discipline nécessairement applicative, j’ai utilisé le modèle de l’analyse dialogique sur le roman roumain du XX-ième siècle. J’ai analysé les plus importants romans roumains modernes et postmodernes du point de vue de la perspective Dialogistique qui est destine à mettre en évidence un univers de significations, un monde de l’homme qui est constitué et recépée du point de vue dialogique. La critique dialogique nous a permis de mettre en évidence le caractère social des sens. Vue par le prisme dialogique, l’histoire du roman roumain du dernier siècle se définit comme une évolution des formes rapportées aux contenus, obtenus dans la relation intersubjective, sociale, dialogique entre moi et l’autre. Les formes architectoniques constitue des expressions valoriques aux réponses offertes par les auteurs, de leur place unique dans l’histoire, aux problèmes de la vie (sociales, philosophiques, culturels, littéraires, etc.).

Mots-clés: paradigme dialogique, théorie dialogique, dialogisme, dialogistique, poétique dialogique, relation dialogique, bakhtinologie, sujet parlant, conscience active, participation autonome, autrui, autre, rencontre, dialogue intérieur, intersubjectivité, perception dialogique, connaissance dialogique, exotopie, compréhension dialogique, critique dialogique, imagination dialogique, métalinguistique, forme architectonique, mot propre, mot étranger, mot bivocal, polyphonie, plurivocité, auteur premier, auteur second, chronotope, ambivalence, semyose, intertextualité, adressage du texte, stratégies dialogiques, microdialogue, macrodialogue, réseaux de voix, hétéroglossie, hétérolinguisme, hybride artistique, dialogisme parodique, chronotope de la ville, monde post-babélique.

La composition de l’étude consiste dans l’introduction, trois chapitres, conclusions, références bibliographiques, annotations en roumain, russe et anglais, les déclarations sur l’honneur-prévention du plagiat, le CV de l’auteur.

Premier chapitre est une vue d’ensemble sur le paradigme dialogique qui est issue de la pensée du dernier siècle et qui a conduit vers une révolution épistèmo-méthodologique dans les sciences humaines généralement, et dans la science littéraire, particulièrement, aussi bien qu’à l’analyse du roman, en particulier. Dans le sous-chapitre 1.1 nous exposons brièvement le secteur d’investigation de la discipline qui, au début du XXIème siècle a considéré le roman comme fait littéraire en soi (forme, genre, structure) et qui l’a supposé aux recherches dans ses implications théoriques. Dans le cadre de la Poétique, le roman devenait un problème de langage, qui mettait à la disposition des structures verbales littéraires. Le roman est mis à l’étude par les formalistes russes qui le considère une structure de genre différente, comme une unité complexe de relations et éléments fonctionnels hétérogènes qui s’opposent, se composent, se subordonnent les unes aux autres aux différents niveaux. V. Şklovski, par exemple, présente le roman en tant qu’une combinaison et un tissu différent en fonction de l’époque des histoires courtes. A partir du caractère autonome du texte, vu comme un fabricat, comme un produit de la technique, de l’industrialisation poétique, les formalistes russes dès aux années ’20 ont été intéressés par la totalité des procédés qui définissent la littérarité, misant pour une poétique descriptive, morphologique du roman.

Ils ont supposé à un examen critique sévère les diverses modalités – formalistes, psychanalystes, structuralistes – dans laquelle l’esthétique des formalistes abordent l’œuvre littéraire comme un tout linguistique, Bakhtine apporte la prévue que l’objet esthétique de l’œuvre artistique ne constitue pas la forme linguistique du mot, mais son sens axiologique. Dès le début, l’intention du savant c’était de réunir les points de vue philosophique, scientifique et artistique pour les utiliser à l’analyse du “mot vif”. La poétique pour Bakhtine est plus qu’une discipline scientifique spéciale, celle-ci voit l’œuvre comme art. Ainsi que le poéticien doit avoir la conscience du fait que ses recherches, dans un domaine autonome, obtient de l’importance en qualité de partie composante d’une entité, constitué par des sciences humaines.1 L’activité de connaissance du poéticien est une activité participative et dialogique, et vise toujours le sujet, et non pas l’objet inanimé. C’est pour cela qu’au centre de l’attention ne doit être l’organisation concrète matérielle de l’œuvre littéraire, mais “la forme de vie”, le domaine subjectif/ intersubjectif”, “ le réseau des voix”, “ la figure interne”, “la forme architectonique” qu’elle contient.2 Par conséquent, l’objet de recherche du poéticien ne doit pas être la langue de l’œuvre littéraire, vue comme système de normes unique et unitaire, mais doit être le milieu d’un plurilinguisme effectif, qui assure les relations intersubjectives.

Les conceptualisations du savant russe ont été développées dans l’Occident, et qui ont obtenu des interprétations différentes en fonction du milieu et des objectifs des interprètes. L’examination des moments de croisement de la théorie du Bakhtin avec autres théories similaires va nous diriger vers une exposition brève d’un modèle intégratif d’analyse du roman. Tout d’abord, nous allons examiner la façon dans laquelle apparaissent des théories susceptibles qui indiquent de nouvelles approches du roman grâce aux prises des connaissances plus vif du fait que le paradigme traditionnel ne fonctionne plus. Nous distinguons, conventionnellement, pour assurer un certain ordre du expose, deux groupes des théoriciens. Dans la première catégorie, nous incluons ceux qui n’ont pas eu la conscience de la théorie dialogique du Bakhtine, soit qu’ils connaissaient peut de cela ou ne l’ont pas pris en considération, mais qui a eu des aspirations analogues, déterminés des structures de l’époque. L’analyse des moments d’une bonne conjugaison de la théorie du Bakhtine avec autres théories du roman nous aide a cristalyser les principales catégories et concepts dont nous opérons dans la recherche du roman du XX-ieme siècle. Le deuxième groupe est composé des chercheurs qui ont fait de la théorie dialogique une base de leurs recherches. De cette façon nous mettrons en évidence la communauté scientifique avec des préoccupations, convictions, valeurs, méthodes communes qui selon, T.S. Kuhn constitue la condition d’un paradigme. Vers la fin, nous obtenons un tableau plus au moins complet, de la matrice disciplinaire, des principes de base et du groupe responsable de ce paradigme. 3

Les réflexions sur l’objet d’étude de la poétique historique de Bakhtine se déroulent comme un dialogue continu avec les partenaires hypothétiques, les théoriciens dont ils ont eu ou pas connaissance, qui ont vu l’origine du roman dans les genres plus anciens du folklore antique. Au cette symposium socratique improvisé, en qualité des adversaires du Bakhtine seront

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[1] Bahtin М. Probleme de literatură şi estetică. Traduction par Nicolae Iliescu, préface de Marian Vasile. Bucureşti: Univers, 1982. 598 p.

[1] Bahtin M. Metoda formală în ştiinţa literaturii. Introducere critică în poetica sociologică. Traduction et préliminaires par Paul Magheru. Bucureşti: Univers, 1992. 234 p.

3 Kuhn Thomas S. Structura revoluţiilor ştiinţifice. Traduction par Radu J. Bogdan, étude introductif par Mircea Flonta. Bucureşti: Humanitas, 1999. 296 p.

 

  1. Propp, C. Bremond, N. Frye, M. Robert et d’autres qui ont vu le roman comme forme objective de l’expression de la mémoire collective, de la mentalité historique et de la conscience esthétiques. Faute d’un approfondissement nous énumérions quelques études de référence dédiée à la recherché du roman dans lesquelles j’ai cherché des possibles ajustements à l’appareil conceptuel-méthodologique de la poétique dialogique dans le contexte du développement d’une nouvelle discipline comme la sémiotique, la narratologie, la rhétorique, etc. Les poétiques du roman situées dans l’horizon du structuralisme ont suivi, en partie, les directions tracées par les formalistes, en établissant des taxonomies en fonction des indices formels et de structure. Une série de recherches s’imposent et qui ont fundamenté et déclaré le dialogisme bakhtinien. Les noms les plus connus qui ont popularisé la poétique du Bakhtine sont des chercheurs français: Julie Kristeva, Tz. Todorov, M. Holquist, K. Clark, M. Gardner, C. Emerson et d’autres.

Dans le sous-chapitre 1.2 nous définissons le concept de dialogue, surpris dans l’évolution de ses acceptions, ses sens et ses significations à partir de la rhétorique antique, des dialogues de Socrate, de Platone et Xénophone jusqu’ à la contemporanéité. En sens traditionnel, le dialogue est une conversation entre deux personnes qui sont cointéressé à aboutir à un consens ou de réaliser un échange d’informations. L’étymologie du mot dialogue infirme cette étroite définition, puisque ses racines grecques (dia-par, avec et logos-mot, sens, épellation, parole) met en évidence sa capacité d’être épelé avec, épelé ensemble. Sous l’influence des systèmes de pensées du XXIème siècle, la définition du dialogue est devenue plus complexe est presque impossible à exprimer dans une seule formule. H.Cohen, F. Rosenzweig, M. Buber, E. Rosentock, F. Ebner, G. Marcel, M. Bahtin, D. Bohm, K. Bühler, F. Jacques, C. Hagège et d’autres ont consacré le dialogue non seulement comme une forme de communication, d’inter-influence intelectuelle et autocomplétation reciproque des personnes determinées culturellement, mais aussi comme un principe fondamental de la connaisance.

Les premises de la pensée et la reactualisation des significations du dialogue ont servis des discutions pour le Cercle philosophique „Patmos” de Berline et de l’Ecole de Marburg. Les membres de cette école ont eu comme but l’élaboration d’un nouveau type de pensée, basée sur le dialogue et la construction des relations avec l’autre, abordé comme Toi. Le principe primum relationis a constitué le point de départ pour une nouvelle conception sur la cognition et la communication, subjectivité et personne, comprises non pas monologiques, mais dialogiques. Parmi les plus importantes traits humaines– homo faber, homo lonquens, homo ludens, homo cogitans – nous pouvons attacher et homo dialogicus, qui a la tâche de dénomer la capacité de l’homme de parler et, par cette specificité, se distingue absolument d’autres espèces. Pour l’homme être – c’est dialoguer.

Bakhtine a imposé la théorie dialogique comme une épistémologie moderne. En opposition des dialogistes de Marburg, il a réussi à approcher l’existentialisme dialogique de l’estéthique et de la littérature. A noter la fameuse conceptualisation du dialogue dans la langue, à qui Bahtine a conféri le statut de phénomène avec signification universelle. Le dialogue est pour le savant une catégorie qui définit la pensée et la parole humaine, tout ce qui a une signification, un sens et une valeur pour l’homme, et généralement tout les rapports et les significations de la vie. La nature humaine est essentiellement dialogique, tout l’existence du soi est orienté vers la langue et le monde d’autrui. L’homme se trouve en totalité à la frontière avec les autres, il établit en permanence des relations dialogiques avec les hommes, avec la nature et avec le Dieu. L’existence est même dialogique, participative, vecue comme co-existence harmonieuse. En meme temps la vie représente un événement dialogique, une vaste réseau d’interconexions, qui pose des questions en tout temps a l’homme, auxquelles il est forcé a repondre de sa place unique dans l’histoire. D’un autre côté, la mort et la non-existence signifie l’état de n’etre pas entendu et connu, d’etre oublié par la vie et pas les autres.

Le dialogue, dans l’opinion de Bahtine, est une réalité de nature spirituelle, il n’est pas une simple discussion, soit-elle généralisée. Le dialogue est une métaphore des relations éthiques, de la position une vers l’autre des deux personalités, de l’atitude simpatetique et tolerante d’un homme pour un autre homme. L’autre dans la conduite ethique d’un homme doit être toujours le but, et non pas le moyen. Dans la communication, l’homme est intéressé du point de vue et du monde spirituel de l’autre. Ces relations sont similaires avec ces religieuses, dans lesquelles l’amour et la tolérance ont une importance primordiale. La facon dont il apparait dans le roman dostoïevskien, le dialogue est rapporté à un domaine, au moins que la nature divine, mais d’une qui a un caractere idéal, en signalant un lieu où domine le bien, la vérité et la beauté. Le dialogue reprend les thèmes mises en discussion sur le temps éphèmere, dans le Grand Temps de la memoire humaine.

Le dialogue ordonne la condition de l’artiste. L’idée n’appartient pas à une seule personne, elle ne peut pas exister dans une conscience humaine isolée et commence à revivire, à se developper et se renouveller juste à côté des idées différentes. Ce qui intéresse l’auteur ce n’est pas l’idée, mais l’homme de l’idée. A sa structure question-réponse, le dialogue constitue le protoptype de l’oeuvre littéraire. Une oeuvre littéraire est née de la nécessité à repondre à une provocation de nature sociale, culturelle, existentielle, etc. Le roman de Dostoïevski devient le terrain d’une interraction, d’un processus d’éclairage dialogique reciproque des consciences et des idéologies avec des voix. Le dialogue est la relation active entre les sens exposés par différents sujets verbaux. Le sens est actualisé juste au croisement avec un autre sens, il existe juste en relation, le silence du sens n’est réalisable jamais. Pour exister, mon sens doit se rapporter au sens étranger, de l’autre. Le plaisir du dialogue consiste à établir la fertilité, la fécondité, de la germination infinie, et non pas à étabir le consens. Le dialogue dans l’oeuvre littéraire a deux aspets et se déroule sur deux plans: soit il est un microdialogue, soit un macrodialogue. Le premier désigne le dialogue de l’intérieur de la conscience humaine (le dialogue intérieur) dans le cadre duquel la propre voix consonne avec autres voix assimilées antérieurement, provenues du Grand Temps. Dans le dialogue intérieur les voix se trouvent dans un processus continue de discordance et accord, de divergence et convergence idéologique, tout énnoncé est traversé et tensionne du jeux spectaculeux des conffrontations. Les personnages dostoïevskienes Raskolnikov, Mâşkin et autres sont – à l’opinion de Bakhtine – des modèles exceptionels de pensée et de langage dialectique, aussi bien qu’une conscience structurée dialogiquement. Par la notion de grand dialogue et macrodialogue, Bakhtine comprend le tout entier des romans de Dostoievski. Dans la transcendence du dialogue aucune vérité, soit-elle a l’auteur, n’est pas privilegiée. On peut dire facilement que l’idée de dialogue réunit tous les conceptes du système bakhtinien: le sujet parlant, la conscience (co-science), énnoncé, idéologème, rencontre, polyphonie, plurivocité, mot étranger, mot bivocal, chronotope, ambivalence, etc.

Pour Baktine la relation Moi-Autre est marquée par une dualité absolue, puisqu’elle suppose la dualité moi-pour-soi et moi-pour-autre. Dans un dialogue authentique, l’Autre, pas le Moi ou Toi, représente le cercle dialogique, c’est-à-dire le lieu d’où parvient la question. Les relations dialogiques du texte littéraire ne correspond pas aux repliques du dialogue réel, elles représentent un phénomène plus large et plus complexe. Les relations dialogiques ce sont les relations entre les énnoncés comme unités de la communication verbale. Attribuer à l’énnonciation une structure de dialogue signifie la voix parlée dans deux voix. Dans le processus de la communication verbale, l’homme tient compte de la capacité réceptive de l’autre, en construisant son énnoncé premierement en fonction d’un certain genre et deuxièmement en utilisant certaines stratégies sémantiques et syntatiques. Les relations dialogiques sont possibles juste dans les énnoncés verbaux de différents sujets, le dialogue avec soi-même étant, dans la plupart des cas, truqué, artificiel. Le parleur doit dépasser la tentation d’objectivation monologique avec autre. Dans un dialogue authetique on parle avec l’autre, et non pas de soi. Les relations dialogiques dans un texte littéraire peuvent exister justement dans le cas ou ses énnoncés expriment des points de vue specifiques sur le monde, formés de sa interprétation verbale, horizons objectuels-sémantiques et axiologiques spéciales. Les relations dialogiques se déroulent dans les sens des énnoncés qui expriment les valeurs existentielles de l’homme, reflectées dans sa conscience sous la forme des questions fondamentaux. L’actualité du sens est determinée de ses relations dialogiques. Deux énnoncés distantes dans le temps et l’espace peuvent établir des relations dialogiques si converguent leurs but. Les relations dialogiques entre les styles d’un roman sont similaires avec les répliques d’un dialogue. Dans le cadre d’un roman les langages se mettent en lumière réciproquement, le langage littéraire se construit comme un dialogue des langages qui se connaissent et interactionnent. Le monde du roman c’est de la polyphonie, des voix qui s’entendent réciproquement et se repondent, se croisent et s’écharge d’une pluralité tensionnée renouvelante. En plus, chaque roman se trouve en relation avec la „memoire du genre”.

Si Dostoievski a crée la formule d’un roman polyphonique, Bakhtine a fondé, sur cette découverte, une science du dialogue. En reformulant les conventions du dialogue, le savant russe a elaboré un nouveau modèle de reflection et intérpretation d’un texte artistique, qui se constitue et qui est recepté dialogiquement, en fonction du monde de l’homme.

Dans 1.3 nous définissons les principes de base du paradigme dialogique dans la science littéraire, en évaluant, du point de vue critique, les abordations du dialogique dans le cadre des certaines disciplines, comme la métalinguistique, la théorie de l’intertextualité, la sémiologie, la théorie des actes verbaux, la sociologie de la littérature, la pragmatique du texte littéraire, etc. Une des plus influentes pensées du XX-ième siècle est l’approche des catégories fondamentaux de l’existence, de la communication et de la langue, la majorité des philosophes en construisant ses systèmes dans leurs champs. En articulant comme une épistémologie, le dialogisme est une philosophie de la langue. Dans le système philosophique de Bakhtine le problème de la langue-comme-dialogue occupe un rôle central. La conception de la langue comme dialogue se déroule, parallement avec la crystalisation d’une vision originelle sur le monde. Selon Bakhtine, l’existence, comme la langue a la structure d’un dialogue. Le dialogue est la métaphore apte, selon lui, à exprimer et à definir la nature du rapport moi-monde, médiée par moi-autre. Le dialogue comme métaphore représente le principe de la structuration de l’existence (vaste réseau d’intercommunication) et la structuration de la langue. Par opposition de la linguistique, La métaliguistique étudie les relations dialogiques à l’intérieur du mot artistique, relations dans lesquelles sont impliquées au moins deux voix, double orientées: selon l’objet de la parole et le mot de l’autre. Les preoccupations de Bakhtine et d’un group de sympatisants, parmi lesquels: V. N. Voloşinov şi P.N. Medvedev et d’autres membres du Cercle d’études Bakhtine, s’annonce une complétation et une extension de l’horizon de la poétique structuraliste. La métalinguistique a comme objet d’étude le dialogue de divers points de vue qui a lieu à tous les niveaux de la langue: le niveau du mot (l’énnoncé, idologème, discours), du genre et de la plurivocité.

Dans l’esthétique de la création verbale de Bakhtine, le mot bivocal est un concepte-clé. La tension crée par la double orientation du mot artistique: en fonction de l’objet de la parole et du mot/ la parole de l’autre/autre, lui assure une expressivité particulière. L’étude de ce phénomène nous oriente vers une nouvelle vision de la recherche stylistique, orientée vers la sphère dialogique du roman. Selon cette vision, le discours de l’auteur est modélé stylistiquement dans le processus d’une vive interraction avec le discours de l’autre participant au dialogue et en fonction de la situation concrète du dialogue. L’auteur garde l’unité syilistique par la stratification des langages et la diversité des styles, en construisant un système artistique pluristylistique harmonieux.

Plusieurs disciplines contemporaines ont placées les idées de relation et dialogue dans la zone d’intérêt de la recherche sur le texte littéraire. Parmi ces, on peut distinguer la sémiologie de Julie Kristeva et la translinguistique de Roland Barthes, ainsi que les études de L. Dallenbah, P. Zumthor, L. Jenny, M. Riffaterre, J. Culler. Dans le cadre telquiliste les conceptalisations bakhtieniennes ont souffert des modifications sous trois aspects: 1. Julie Kristeva repense le concepte de l’Alter dans l’esprit de la psychanalyse de Freud, en susbtituant le concept de mot bivocal avec celui de mot-discours, qui appartient aux plusieurs instances discoursives de l’inconscient, qui est l’espace de la coexistence simultanée de plusieurs moi. 2. Le concept de l’intertextualité (dialogue entre les textes) a pris la place de l’intersubjectualité (le dialogue interpesonnel). 3. Le pathetique protestataire, issu de la vision carnavalesque sur le monde et qui est devenue le pathétique de la relativité du sens.

Dans le sous-chapitre 1.4 La methode dialogique d’interpretation du texte nous faisons une caractéristique de certaines herménutiques qui est au croisement avec celle dialogique. Les dernières études de Bakhtine nous proposent une variante d’une herméneutique dialogique avec des éléments originels par rapport aux systèmes interprétatifs clasiques ce qui inscrit le savant dans la tradition des grands penseurs comme Schleiermacher, Dilthey et autres qui ont réussi à transformer l’herméneutique qui désignait une méthodologie de la découverte du sens unique du „logos initial” dans une théorie d’un dialogue potentiel illimité. L’existence sympathetique, la compréhension dialogique, la connaisance dialogique ce sont des concepts importantes de cette herméneutique qui ont la tâche de mettre en evidence le fait inadmisible de transformer l’autre dans un objet. Dans son étude L’auteur et le héros dans l’activité esthétique, Bakhtine analyse et critique les pretendues théories de l’expressivité, apliquées sur l’étude esthétique, étant donné le fait qu’elles ont neglijés „le lieu unique que possède l’auteur dans l’existence. A l’intermède de la théorie sur l’empathie, le savant conclusionne que la rencontre avec l’auteur a lieu dehors de sa vie intérieure („вненаходимость”), dans la traduction de Todorov – exotopie), enrichissant les notions classiques avec des aspects de la socialité et du dialogisme. Selon Bakhtine, la simple transposition a l’intérieur de l’autre est insuffisament pour appécier la valeur esthétique du texte littéraire, où elle ne peut pas se réaliser dans la plénitude, par exemple dans des sentiments comme: la tolérance, la compassion, la condescendance etc. dont l’auteur les manifeste vers ses héros et qui suppose un statut volitif distinct du celui qui contemple vers l’objet contemplé. Ce qui échape aux théories expressives c’est l’attitude vers l’autre. Conformemment à ces théories tous les actes cognitifs se réalisent dans les limites d’une conscience, justement dans la catégorie du moi. La principale réctification que fait Bakhtine dans le cadre de ces théorie c’est l’introduction de la notion d’existence sympatethique, sémantiquement liée comme chez Cohen ou Frank, avec le sentiment d’amour d’un homme vers l’autre. Notamment cette atitude doit avoir l’auteur vers son héros, l’interprète vers l’objet recherché. L’acte esthétique suppose deux consciences emmotionelles-volitives dans des conditions d’exotopie, qui ne concïdent jamais.

La dialogistique de Bakhtine a construit un point de répère pour une école de Critique dialogique qui a déroulée son activité dans les dernieres trois décénies du dernier siècle. Tzvetan Todorov (France), Michael Holquist (Etats-Unis), André Belleau (Canada), Ken Hirschkop (Angleterre), quelques personnalités de la critique féminine: Patricia Yaeger (Etats-Unis), Myriam Diaz-Diocaretz (Pays-Bas) ont pratiqué une critique de type dialogique dans de divers domaines des sciences humaines. L’interprétation du texte selon „le principe dialogique” crée selon Todorov des possibilités pour manifester librement la creativité. Le principe dialogique suppose l’altérité complète dans l’interprétation du texte littéraire. Les relations entre le critique et le texte investigué doit s’exprimer par le dialogue de deux voix parfaitement égales. Le critique dialogiste parle avec les oeuvres littéraires, et non pas des oeuvres, puisque l’oeuvre interpretée est l’acte vif d’interlocution, et non pas l’objet analysé dans la lumière d’une théorie.

Dans le Deuxieme Chapitre nous conceptualisons un nouveau paradigme du roman comme dialogue suple, versatile, protéiforme, pluriforme structure, ouvert pour les variétés du langage, en avalant pantagruelment plusieurs types de roman: psychologique, social, philosophique, de moeurs, biographique, d’aventures, fantastique etc. En même temps, nous crystalisons les principales catégories, notions, concepts et stratégies d’analyse du roman polyphonique. Dans 2.1 nous définissons la notion bakhtiniene de „structure dialogique du roman”. Selon Bakhtine „la structure” ou „l’objet esthétique”, „la forme architectonique”, la forme artistiquement créatrice”, „le modèle artistique du monde”, „l’unité romanesque” suppose premièrement „le contenu de l’activité (de la contemplation) esthétique orienté vers l’oeuvre. Nous insistons sur le fait que Bakhtine fait une distinction principale-méthodique entre les formes architectoniques et les formes compositionnelles. Par exemple, le drame est une forme compositionnelle (dialogue, séparation dans des actes etc), mais le tragique et le comique sont des formes architectoniques de la réalisation. Le roman est une forme purement compositionnelle de l’organisation de la foule verbale. Par la forme compositionnelle le romanesque se réalise dans l’objet esthétique, la forme architectonique de la perfection artistique d’un evénément historique ou social.

Le merite incontestable de Dostoievski consiste dans la création d’un nouveau modèle artistique du monde, dans laquelle plusieurs éléments essentiels de la forme artistique ancienne ont souffert une transformation radicale. L’ecrivain rus est l’inventeur d’un genre de roman essentiellement nouveau, du roman comme dialogue et lieu des débats des plus graves problèmes de l’existence humaine. Bakhtine invente le terme „polyphonie” pour décrire l’esprit novateur de l’ecrivain russe. Le roman polyphonique est un dialogue sans fins, tous les éléments de sa structure sont liées par des rapports dialogiques. En opposition de l’auteur du roman monologique, qui représente sa propre et unique vision sur le monde, l’auteur du roman polyphonique crée un monde qui englobe dans une unité artistique plusieurs visions. La tâche de l’auteur c’est de mettre en relation dialogique tous ces visions, ainsi que les éléments de la construction littéraire en vue de créer une nouvelle „unité relative” de sens. La nouveauté est rapporté aux relations esthétiques qui s’établissent entre les participants de l’acte de la création. Ces relations fonctionnent selon le modèle des relations entre l’auteur et le héros de l’oeuvre littéraire, les deux considérés comme sujets doués de la connaissance qui créent, à l’effort commun, le monde artistique.

Ce qui fait de l’hypothèse de Baktine une nouveauté sensationnelle consiste dans le fait que le centre axiologique de l’activité esthétique est representé par le heros, emancipé de la volonté auctorielle et de son monde. La révolution de Dostoievski dans la catégorie du genre est relevé par le geste de transposer l’auteur et le narrateur avec tous leurs points de vues, avec les descriptions, les caracteristiques et les appréciations faites sur le héros, même dans son horizon „dans le creuset de la conscience de celui-ci”, transformant toute sa realité et limitée dans le matériel de la conscience. La nouvelle realation artistique de l’auteur vers le héros du roman polyphonique est la relation dialogique, de nature ethique qui afirme l’indépendance, la liberté intérieure, la faute de précision et de limite du héros.

Le héros ne doit être pour l’auteur „un il” ou „un moi”, mais „un tu” avec une valeur plénaire, c’est-à-dire „un moi” d’un autre individ avec des droits intègres. La tension entre „les moi pluriels” du roman assure la distance nécéssaire pour la figuration objective du héros et pour la représentation de sa conscience provoquée et questionnée. Dans ce but l’auteur doit dérouler „une activité dialogique imense et sollicitée” pour ne pas conditionner la passivité et l’inactivité du héros. Le héros du roman polyphonique est l’être conscient et un idéologue, sa voix étant une voix-idée-langage-convention-position axilogique-poétique. Les voix multiples des personnages détruissent l’unité monologique du roman, constituant une autre type polyphonique. Ainsi, le roman apparait comme un monde de la ployphonie et de la hétéroglossie sociale. Le langage du roman est un hybride, du point de vue du langage et de la conscience linguistique y inclus, constituant le mélange de deux ou plusieurs langages sociaux, de deux ou plusieurs consciences linguistiques, separées de l’époque et de la différence sociale. L’hybride littéraire romanesque, qui construit l’image du langage est liée indisollublement de l’hybride socio-linguistique, c’est- à -dire il n’est pas justement bivocal est biaccentué (comme dans la rhétorique), mais il est bilingue, il inclut non juste deux consciences individuelles, deux voix, deux accents, mais deux consciences socio-linguistiques. Chacune des formes linguistiques de l’hybride romanesque représente deux points de vue sur le monde, constituant un hybride sémantique social concret. La dialogisation intrisèque de l’hybride romanesque signifie le dialogue des points de vues socio-linguistiques, la fusion, et leur déformation . De telle façon, le dialogue est la force productrice et incitative, la force creative par excellence.

Dans le sous-chapitre 2.2 nous analysons la vision de Bakhtine sur l’objet d’étude de la poétique historique du roman. L’historicité immanente de l’oeuvre d’art qui est le résultat de la primordialité de l’aspect esthétique et ethique imposé à l’étude de poétique historique pour n’édifier plus les recherches sur des abstractions uniformisées, mais d’orienter l’attention sur „la memoire du genre” du roman qui suscite une pensée dialogique participative. En repplique pour la définition du roman proposée par Sklovski (le roman comme une combinaison et un tissu des histoires courtes), Bakhtine invoque des arguments sur le fait que le roman est une forme typique d’extension maximale de l’énnoncé) qui, exactement aux énnoncés verbaux établit des relations dialogiques avec d’autres romans-énnoncés. Comme dans d’autres genres, le roman est une entité qui vit dans le présent, mais qui se rappelle toujours le passé, la dernière particularité étant nommée par Bakthine „la memoire du genre”. L’étude historique de la poétique du roman doit rechercher la génèse et l’évolution au cours de l’histoire du objet esthétique et de son architechtonique dans les formes artistiques. Dans d’autres termes, la poétique historique ou La Dialogistique devrait suivre la variété des relations intersubjectives entre „moi” et l’autre”, fixé par le roman à une étape concrète d’évolution.

Pour Bakhtine, la structure du roman constitue un modèle de monde avec un système de signes spécifiques qui transmettent les informations axiologiques et artistiques d’un certain espace et un temps historique concret. Ce système de signes, qui représente la valorisation artistique de la connexion des relations temporelles et spaciales, est nommée par Bakhtine chronotope. La fonction figurative du chronotope consiste dans la désignation de la realité artistique, spécifiques au roman dans une étape historique concrète de son évolution, ce qui justifie Bakhtine de créer, en fonction de la connexion que réalise le chronotope, une typologie du roman antique, médieval, rabelaisien, idyllique, dostoievskien, etc. A la base du roman comme dialogue ont été le folklore carnavalesque, la satire menippée, le dialogue socratique et le roman rabelaisien, genre qui ont promu par execlence, la liberté de l’expression, la vitalité, la dymanique du sens, la transformation et l’ouverture vers le dialogue social. Par exemple, Rabelais a réussi, selon Bakhtine, de créer le chronotope „d’un homme nouveau-né, harmonnieux et unitaire”, en proposant une nouvelle forme artistique des relations humaines. Le chronotope rabelaisien a son origine dans la culture populaire du rire du Moyen Age et de la Renaissance. Le folklore carnavalesque a constitué, selon Bakhtine, un des plus importants sources du roman; en plus les formes du sérieux-hilare ont conditionné la démarration d’une direction imporante dans le roman européen – carnavalesque.

Dans le sous-chapitre 2.3 à partir de l’affirmation de Julie Kristea, selon laquelle le roman polyphonique contemporaine crée par Joyce, Proust et Kafka constitue, après le roman polyphonique de Dostoievski un nouvel embout dans la chaîne de la littérature carnavalesque, ayant la même position sur le monologisme comme le roman dialogique des époques antérieures, pourtant, il se distingue de ces-ci, par le fait qu’il a abordé soi-même dans la positin du langage artistique-même, et non pas comme sa représentation (du langage). Le desir de Bakhtine était de présenter par l’etude de la polyphonie le roman comme un réseau intérractif des consciences sur le plan créatif qui a généré des discussions similaires dans le plan de l’organisation et de la production textuelle. Autant que la théorie dialogistique de Bakhtine et que celle de l’intertextualité proliférées par Kristeva peuvent mettre en valeur le dialogisme ou la polyphonie des romans. Une abordation eventuelle selon le principe et/et va réunir dans son secteur ces deux niveaux: celui formel, linguistique et celui du flux de conscience.

Dans le Troisieme chapitre nous effectuons une analyse multiaspectuelle des relations esthétiques auteur-narrateur-héros-lecteur, en exprimant la relation de l’individu avec le monde, mediée par moi-autre, qui a conditionné l’architectonique du roman roumain du XX-ième siècle. Dans le sous-chapitre 3.1. nous descrivons les coordonnées d’un chronotope de la ville, crée par le roman roumain d’entre les guerres. L’image artistique de l’homme apparait dans ces romans sur un arrière-plan qui surprend les métamorphoses sociales dès le debut du siècle et qui, dans la plupart des cas, représente la ville, en supposant que dans cet espace les tendances novatrices occidentales, la technologie, la culture et les valeurs europeenes sont assimilees plus rapidement, et nottament ici se forme l’idee de civilisation moderne et d’elite d’une societe nouvelle. Le chronotope de la ville constitue le noyau des types complexes du roman qui, étant le résultat des plusiers écrivains comme C. Petrescu, Hortensia Papadat-Bengescu, G. Călinescu, G. Mihăiescu, M. Caragiale, Urmuz qui ont consacrés des formes inovatrices dans le contexte de l’histoire de la litterature roumaine. Les représentations sociales de l’homme idéal de ces romans nous mettent à la disposition des individualités rafinées et complexes, tensionnées et profondes, selectées de la société citadine polyphonique et stratifiée multiple, dans une métamorphose continue au niveau idéologique, culturel, ethique, economique, etc. Les coordonnées du roman citadin roumain ce sont constitués comme un aliage entre les éléments pitoresques du balkanisme et le germe de la civilisation occidentale.

La polyphonie des voix du roman Concert de muzică de Bach par Hortensia Papadat-Bengescu représente un réseau complexe des relations sociales. Ce réseau lui détermine un modèle d’organisation du monde et du texte. Si les proses de début découvrent une tendance pour la structure mythique unificatrice ( la littérature comme incursion dans les éléments secrets de l’universel), le cycle des Halipes et, notamment Concert de muzică de Bach, le texte-éffigie de l’écrivain expose un espace-temps romanesque résulté de nouveaux relations entre moi et le monde, mediées par l’autre, irrémédiablement plus complexes, qui créent le frémissement sémantique dans une métamorphose continue et de recréation. L’analyse du roman Patul lui Procust par le prisme de la poétique dialogique nous a dévoilé un autre pattern de la conscience de soi, fondé par la relation dialogique avec l’autre. Les confessions du celui qui passe par l’expérience de la connaissance sont l’expression des rapports internes de la conscience, des questions, des impasses, des réévaluations, mais aussi des attitudes d’un intellectuel vers les autres. Les principales idées de Mircea Eliade sur l’expérience authentique dans la littérature qui suppose la perte de conscience et l’émergence dans l’esprit supérieur sont formées dans le processus de connaissance (consciente, délibérée) des autres cultures. Le caractère relationnel de la connaissance eliadienne ne peut pas être ignoré. L’analyse du roman Maitreyi relève la perspective de la narration, l’intrusion des voix “étrangères”/d’une autre culture et le chronotope du sens qui brouille le monologue de la connaissance de soi et, comme résultat, la distorsion de l’unité du langage. Craii de Curtea-Veche par Mateiu Ion Caragiale est une expression excellente d’une oscillation du roman d’entre-guerres entre une structure mythique unificatrice et une structure dialogique diférentielle. Nous attestons dans ce roman une dialectique entre les tendances liturgiques-centripétes et ceux carnavalesques-centrifugeuses du langage. La tendence métaphysique vers „le centre” des personages mathéines ont lieu parallèlement avec une centralisation du langage, une recherche de la formule unique du langage adamique et l’habitation carnavalesque et leur ouverture vers les formes paroxistes de la vie générent la diversification et le plurilinguisme. Les images bouffonnes et grotesques de l’homme „mécanomorfe” et du monde moderne du miniroman Pâlnia şi Stamate par Urmuz sont parodiques, ayant la forme d’une discussion sur le thème de la crise de la communication humaine.

Dans le sous-chapitre 3.2 nous mettons en évidence les relations dialogiques qui définissent l’architectonique du roman roumain après la guerre. Nous avons choisi comme métaphore pour le chronotope de ce roman un mot qui a son origine dans l’histoire archétype de la Tour Babel. Le post-babélique est la représentation d’un temps et d’un espace dans lequel le plurilinguisme, l’ouverture et le cosmopolitisme culturel sont considérés, en opposition de l’abordation traditionnelle, des phénomènes positifs. Le préfixe post- signifie temporellement „ce qui s’est passé après Babel”, apres l’événement symbolique soldé avec babelica confusio linguarum, ce qui a horrifié et a fasciné les esprits pendant les siècles. Etant un projet essentiellement dialogique, le roman est le plus justifié de figurer ce monde. L’architectonique du roman post-babélique dans son évolution, vers la fin du XX-ième siècle, prend les configurations d’une ville globale, sophistiqué sous l’aspect des relations sociales. Le langage du roman d’après-guerre postmoderne est l’un „post-Babel” spécifique au l’être humain differencié culturelement et linguistiquement, qui a accepté l’aspect conventionnel des mots en communication. Le roman construit sur le chronotope post-babélique se montre comme une véritable comédie de la superposition et de l’interposition des voix, des écritures, des genres et des espèces littéraires.

Dans le sous-chapitre 3.3 nous nous avons proposé de répondre à la question sur l’existence d’un possible dialogue fonctionnel entre le roman postsoviétique de la République de Moldavie, autant qu’il est le modèle européen. Le modèle actuel européen de roman suppose tout d’abord une nouvelle architectonique du monde artistique, déterminé par la mobilité de l’existence contemporaine et par les nouvelles possibilités informationnelles dès le début du XXI siècle. La structure de ce monde est, en essence dialogique, interactive, de la coexistence des voix porteuses de différents points de vue, des positions axiologiques et des goûts esthétiques différentes. Le modèle européen de roman englobe la diversité et la différence, il constitue l’unité des répliques littéraires qui ont réussi de passer sur les limites de langue et de culture, ainsi que les proses subversives, anticommunistes de Soljeniţîn et Bukovski, du tchèque Kundera, des polonais Milosz, Michnik et du Kadare; les romans signés par le portugais Saramago qui a renversé les visions traditionnelles sur le christianisme, les discours féminins des allemandes Elfrede Jelinek, Herta Müller ou de l’anglais Doris Lessing, ceux avangardistes-expérimentales des russes Erofeev, Pelevin ou Sokolov, l’écriture fantastique de Cărtărescu, etc. Ainsi que le modele européen est un modèle intéractif, représentant un dialogue entre les modalités alternatives de narration et description des expériences traumatiques comme effets de discours totalitaire et national-isolationiste, en les offrant non justement une possiblité de conciliation des dissensions par l’intérmède de la littérature, mais un espace de l’interraction humaine, ou a lieu le processus d’éclairage dialogique reciproque des consciences de valeur plénaire. Le roman roumain de Moldavie après ’89 constitue un effort d’intégration dans le modèle européen, interactif de roman. Cette ouverture est annoncée par quelques romans dont les auteurs ont refusé de s’affilier aux conventions de „la nouvelle esthétique” realiste-socialiste, en les dynamitant par l’attitude carnavalesque-subversive. Par la prisme de la dialogistique ont été analysés les romans Din calidor par Paul Goma, Zbor frânt par Vladimir Beşleagă, Schimbarea din strajă par V. Ciobanu et Gesturi par Em. Galaicu-Păun.

 

Conclusions generales

La perspective dialogistique, La Dialogistique permet une nouvelle description du roman perçu comme un dialogue, comme une forme souple, versatile et protéique, comme un texte structuré d’une manière polyforme et polyphonique, comme un langage ouvert aux langages sociaux, comme un roman qui avale pantagruelement plusieurs types de romans. Etant au croisement avec l’élément du « présent inachevé » et en dialogue avec « la mémoire du genre » le roman ne risque pas être canonisé. Selon Bakhtine, Dostoïevski est celui qui a réussi a transposer le mieux l’esprit de relation dans le langage des images romanesques. En assimilant une véritable tradition de la prose artistique a structure dialogique : le folklore antique, le dialogue socratique, la satire menippée, les genres épistolaires, la prose profondément humaine et humaniste de Boccacio, Rabelais, Shakespeare et d’autres, l’écrivain russe crée une forme innovatrice, moderne du roman polyphonique. Le nouveau modèle artistique du monde a le signe d’une conscience carnavalisée, transposée a l’organisation, ainsi que la concentration de l’action dans les points de crise, de méandre et de catastrophe, dans le point ou survient la catastrophe, le scandale ; la figuration « de l’homme ridicule » aux nerfs à la limite, étant au point du suicide, des caractères excentriques et pleins de possibilités surprenantes ; la prolifération des syncrises dialoguales, la polyphonisation des consciences ; la relativisation de tout ce qui parait constantement et fixe, grave et sacrosaint ; l’abrogation de la légende et de la distance épique ; la dédoublassions du moi, le mélange des discours, etc. La conscience carnavalisée, orientée simultané a l’intérieur (Ego) et dehors à la limite de la conscience d’un autre (Alter) est l’expression complète « de l’homme du homme » de « l’humanité même ». Dans les époques des traditions, de la religion et des politiques autoritaires en déclin, les explosions de la subjectivité carnavalisée ont eu une large utilisation. Dans la plupart des cas, le discours romanesque a été sensible aux normes coercitives, en neutralisant le canon et en dynamitant la sérosité et le déterminisme.

Ce qui a fait du roman « le seul genre en cours de transformation et jamais constitué » a été et il est sa capacité d’être ouvert au « mot étranger », littéraire et extralittéraire. Les discours étrangers, hétérogènes ont pénétré et ont deformé à l’intérieur le canon du roman existent, l’ont complété et enrichi en permanence. Le vagabondage linguistique incarne par le roman donne expression aux processus historiques de descentralisation, de stratification linguistique et diversification idéologique. En opposition de l’auteur du roman monologique, qui représente (au moins il a la préetention qu’il représente) sa propre et unique vision sur le monde, l’auteur du roman polyphonique crée un monde qui réunit dans une unité artistique, plusieurs visions. Cela est douée au fait que l’auteur a une relation spéciale avec ses héros. En misant sur sa vocation dialogale, l’auteur investit le héros avec une conscience de soi autonome et ne lui inocule pas ses points de vues. Pour créer la totalité l’auteur a besoin notamment de la conscience participative de l’autre, de son point de vue distinct sur le monde et sur lui-même, avec sa propre investition de sens en ce qui concerne soi-même et la réalité qui l’entoure. En devenant dominantes, les consciences-voix des héros détruissent l’unité monologique de l’œuvre artistique et se recomposent dans une autre unité – dialogique et polyphonique. La vocation de l’auteur, posseseur d’une imagination dialogique, d’une métaconscience qui lui assure une vision sur la réalité artistique est de mettre en relation tous ces visions comme tous les éléments de la construction littéraire, en vue de créer un nouveau epicentre de sens, flexible et ouvert aux permutations.

Le langage du roman n’est pas constitué d’un système de catégories gramaticales abstraites, mais la formule plurilingue d’une opinion concrète sur le monde, formule saturée idéologiquement. L’homme perçoit le monde en dialogue avec les autres, sa vision est determinée par la langue et le monde des autres. De telle façon, n’est plus responsable de toute la creativité idéologique, competence dont la perspective traditionnelle lui attribuait.

Ces considérations bakhtienienes qui ont consigné une sortie évidente du cadre conceptuel des formalistes a été prelué par Julie Kristeva, Roland Barthes et autres personnalités comme T. Todorov, G. Genette et d’autres, auquels on a enregistré une audience spectaculeuse du concepte intertextualité. L’intention de Bakhtine était de présenter par l’étude polyphonique le roman comme un réseau interactif des connaissances sur le plan de l’acte créatif qui a généré des discussions similaires sur le plan de l’organisation et de la production textuelle. Revenant sur l’ancienne problématique (œuvre – énnoncé) dans un contexte théorique nouveau, Julie Kristeva transfère le phénomène du dialogisme dans le plan du texte (œuvre – citation). La considération de l’intertextualité comme « dialogisme immanente » (dans le cadre d’une théorie du sujet et du sens qui serait une de la production dans le langage) motive Kristeva de parler d’une structure dialogique de profondeur du discours et puis, d’un dialogue entre les textes. Dans les conditions ou le texte a la capacité de s’autogérer, étant juste l’absorbtion et la transformation d’un texte antérieur, « le sujet fondé »/ l’auteur disparait et passe en anonymat, dans « la zone du zéro » du système des codes narratifs. La théorie barthésienne sur « le dégré zéro de l’écriture » élargisse et approfondi l’idée que la base du texte est formée de sa ouverture vers d’autres textes, autres codes, autres signes, en termes générales, le texte étant l’incarnation de plusieurs textes infinies qui ont perdu leurs originalité. Au-délà des objections qu’on peut ajouter aux formulations, en fond, par une perspective formaliste plus rigoureuse du concepte de l’intertextualité et de dialogue entre les textes, on doit se rendre compte que ce ciblage vers le combinatoire, l’autoreflexivité et pluralité irréductible des textes reflètent une nouvelle mentalité et un nouveau mode de concevoir et de récépter la réalité dans la société postindustrielle et, peut-être plus important, le centrage sur le signifiant confère, paradoxalement, une liberté sans précédent aux cadres clasiques des notions humaines de créativité.

Cet étude s’annonce à être la première dans laquelle le dialogisme est appliqué d’une manière créative à la recherche du roman roumain. La théorie dialogique va constituer le prétexte d’une analyse multiaspectuelle des relations esthétiques du auteur-narrateur-héros-lecteur, en exprimant la relation de l’individu avec le monde, mediée par moi-autre, qui a conditionné l’architectonique du roman roumain du XX-ième siècle. L’étude a identifié quelques structures dialogiques, la matrice moi-toi qui constitue la sphère intersubjective au roman moderne et postmoderne. L’architectonique du roman avant-guèrre est conditionné par un chronotope de la ville, figurant métaphorique la société roumaine moderne, diversifiée verbalement, polyphonique et multiple stratifiée, dans une métamorphose continue au niveau idéologique, culturel, ethique et economique. J’ai nommé post-babélique le chronotope qui a conditionné le roman roumain après-guèrre. Post-babel est la représentation d’un temps et un espace artistique dans lesquelles le plurilinguisme, la diversité, l’artificiel du mot artistique sont considéré des formes créatives.

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